Communiqué de presse / convocation à l'AG


Chers amis, chers confrères.

Nous nous sommes  rencontrés il y a de cela 6 mois pour rédiger et publier une tribune pour dénoncer la menace des pseudo-médecines quant à notre exercice quotidien que nous souhaitons scientifique et rigoureux.

Et en si peu de temps, les choses ont  avancé :
La ministre de la Santé s'est positionnée en affirmant que celles-ci ne reposent que sur un effet placebo, et a saisi l'HAS pour demander une évaluation scientifique de l'homéopathie
- Le conseil de l'ordre a demandé son expertise scientifique à l'Académie de Médecine,  qui a donné un avis défavorable à la reconnaissance de l'homéopathie comme une discipline ou une orientation d'activité médicale  
- Le CNGE, regroupant les enseignants .de Médecine générale ont pris un positionnement ferme vis à vis de l'homéopathie en demandant la suppression de ces enseignements
Les universités de Lille et d'Angers ont respectivement suspendu et supprimé cet enseignement pseudo-scientifique.

Cependant, et comme la plupart d'entre vous le savent, Les FakeMed ont lancé une offensive à notre encontre... Ce sont environ 70 plaintes qui ont été envoyé par différents syndicats de médecins homéopathes et autres promoteurs de procédés illusoires ou trompeurs... Parfois à l'initiative des laboratoires promoteurs de ces pratiques de leur propre aveu.

Ainsi nous avons décidé de nous regrouper en Association afin de continuer à défendre une Santé, une Médecine qui se veut respectueuse des données actualisées de la science et refusant l'ésotérisme et l’obscurantisme qui gagnent du terrain.

Nous avons rédigé une convention collective avec Me Segard avocat spécialisé dans cette procédure et avons structuré notre défense à l'encontre des procédures-baillons qui ont été formulées à notre encontre en essayant de nous intimider et en instrumentalisant la justice ordinale.

Ainsi, afin d'officialiser notre existence, notre Assemblée générale ordinaire aura lieu le 6 Octobre 2018 à Paris au 68-70 Boulevard Richard-Lenoir (Métro Richard-Lenoir sur la ligne 5) à partir de 16h dans les salles de Réunion de la revue Prescrire, une structure avec qui nous partageons un socle de valeurs communes comme l'intégrité, l'absence de compromission, et le souhait d'une plus grande rigueur scientifique.

Ce sera un espace d'échange et de dialogue, comme nous l'avons toujours souhaité, mais surtout un moment fondateur avec l'élection de notre conseil d'administration.

Nous serons par la suite disponibles pour répondre à la presse et à débattre avec vous avec plaisir.

Par la présente si vous êtes professionnel de santé et que vous souhaitez soutenir notre action, je vous propose donc d'adhérer à notre association et à vous acquitter du montant de la cotisation de 50 €  en suivant le lien suivant :
https://www.helloasso.com/associations/collectif-fakemed/adhesions/adhesion-a-l-association-college-pro-de-sante-votants

Un tarif à partir de 10 € pour les étudiants ou les sympathisants est également proposé pour ceux qui veulent participer à notre action de toutes les manières possibles.

Il est important de noter que seuls les professionnels de santé soumis à un ordre professionnel auront droit de vote lors de cette assemblée. Et que l'adhésion complète est un pré-requis pour assister à l'assemblée générale.

Par ailleurs, Les statuts de l'association sont consultables directement sur notre site internet :
www.fakemed.org

Pour le Collectif FakeMed,
Jérémy Descoux, Président
Contact presse :
contact@fakemed.org
07 67 52 67 87

Communiqué de presse du 5 septembre 2018

Quand les arguments manquent, les homéopathes attaquent.

Réunis en association, les signataires de la tribune #NoFakemed ne sont pas impressionnés par les plaintes déposées, et continuent à encourager au débat, notamment au sein du monde universitaire. 

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Classement des facultés de médecine françaises en fonction de leur porosité aux pseudo-sciences :

mise à jour 5 septembre 2018

Depuis plus de trente ans, des disciplines prétendant avoir un intérêt médical, sans pour autant que leur efficacité ne soit démontrée par la science, ont progressivement trouvé une place au sein des facultés de médecine. Ceci est doublement néfaste : d’une part, les promoteurs de ces méthodes, faute de reconnaissance scientifique, se servent de cette reconnaissance universitaire pour légitimer leur discipline auprès du grand public, et d’autre part, les moyens attribués à ces enseignements se font au détriment des discipline médicales, dont l’enseignement est fondé sur la rigueur scientifique. Afin de mesurer l’influence des pseudos sciences sur les facultés de médecine française, nous avons établi un score de porosité dont la note la plus haute correspond à la porosité maximale.

Point d'étape juin 2018

Depuis la publication de notre tribune dans la presse, nous avons avancé sur un nombre importants de nos propositions.

- 1 -

Ne plus rembourser par les cotisations sociales les soins, médicaments ou traitements issus de disciplines refusant leur évaluation scientifique rigoureuse.

PROGRÈS IMPORTANTS
Dés la publication de notre tribune, les services du premier ministre ont publié un document précisant que les thérapies dites alternatives n'avaient pas fait de validation scientifique.
Après avoir déclaré dans un premier temps que le problème du remboursement de l'homéopathie était mineur, la ministre de la santé, madame Buzyn, a déclaré qu'à son avis l'homéopathie ne pouvait avoir d'autre effet que de type placebo. Madame Buzyn a également indiqué vouloir faire évaluer par la haute autorité de santé (HAS) les produits homéopathiques avec la même rigueur que les médicaments. Elle a égalent déclaré son scepticisme sur le fait que les fabricants de produits homéopathiques prennent le risque d'une évaluation rigoureuse.


- 2 -

Ne plus autoriser les prescripteurs de thérapie non validées par la science de à faire état de leur titre les médecins ou professionnels de santé qui continuent à les promouvoir, et, ne plus reconnaître d’une quelconque manière les diplômes d'homéopathie, de mésothérapie ou d’acupuncture comme des diplômes ou qualifications médicales.

PROGRÈS MINEURS
Notre tribune a provoqué un grand émoi chez les médecins prescripteurs de produits homéopathiques. Alors que nous avions affirmé que selon le code de la santé publique et les données actuelles de la science, l'homéopathie était une charlatanisme, plusieurs syndicats de médecins homéopathes ont décidé de poursuivre les premiers signataires de la tribune devant la justice ordinale au prétexte que nous les aurions qualifiés de charlatans et provoqué, par nos propos, un mouvement de panique dans la population, et une perte de confiance dans la profession. Les procédures sont en cours. Le conseil national de l'ordre des médecin a cependant réagi. D'une part il ne s'est pas associé à ces plainte, d'autre part, il a tenu a rappeler que chaque  médecin a l'obligation déontologique à prodiguer des soins selon les données acquises de la science. Il a également demandé aux instance universitaire de prendre position sur l’existence des qualifications non étayées par la science.

- 3 -

Ne plus faire produire en Faculté de Médecine ou dans les établissements de formation de santé, des diplômes appuyés sur des pratiques dont l’efficacité n’aura pas été scientifiquement démontrée.

ABSENCE DE PROGRES
La conférence des doyens d'universités, malgré les sollicitations du conseil national de l'ordre des médecins et la réaffirmation de par l'académie nationale de médecine de l'absence de bases scientifiques de l’homéopathie, est restée muette. A l'heure actuelle plusieurs universités proposent encore des formation de type DU ou DIU d'homéopathie pratiques alternatives dont :

- Faculté de médecine Bobigny Paris 13 (DU)
- Faculté de pharmacie Pairs Descartes en association avec Paris 11 (DU)
- Faculté de médecine Paris Sud 11 (auriculothérapie et acupuncture scientifique et DIU er DU)
- Faculté de médecine d'Aix-Marseille (DESU)
- Faculté de médecine Claude Bernard (!) Lyon 1 en association avec Brest et Reims (DIU)
- Faculté de pharmacie de Lille (DU)
- Faculté de pharmacie de Nantes (DU)
- Faculté de pharmacie de Montpellier (DU)
- Faculté de pharmacie de Tours en association avec Poitiers (DIU)
- Faculté de pharmacie d'Angers (DU)
- Faculté de pharmacie de Strasbourg (DU)
- Faculté de pharmacie de Bordeaux (DU)
- Faculté de médecine de Rouen (DU)
- Faculté de médecine de Limoges (DU)
- Faculté de pharmacie Paul Sabatier Toulouse 3 (DU)





Comment agir contre les Fake Médecines ?

Le serment d'Hippocrate est l’un des plus anciens engagements éthiques connus. Il exige du médecin d'offrir les meilleurs soins possibles et de la façon la plus honnête.

Ces deux exigences lui imposent de chercher sans cesse à améliorer ses connaissances, et d'informer ceux qui font appel à ses soins sur ce qu’il peut raisonnablement proposer, ainsi que sur ce qui est inutile ou contre-indiqué.

Il est facile et valorisant d'afficher son savoir. Il est bien plus difficile d'expliquer et d’accepter ses limites. La tentation peut alors être grande de pratiquer des soins sans aucun fondement scientifique.
Cette tentation a toujours existé. Elle a été, et est toujours, nourrie par des charlatans en tout genre qui recherchent la caution morale du titre de médecin pour faire la promotion de fausses thérapies à l’efficacité illusoire.

L’obligation d'honnêteté est inscrite dans les Codes de déontologie des professions médicales et le Code de la Santé Publique (article 39 du code de déontologie, article R.4127-39 du code de la Santé Publique) :
  • Ils interdisent le charlatanisme et la tromperie, imposent de ne prescrire et distribuer que des traitements éprouvés. Ils proscrivent aussi l’usage de remèdes secrets ou ne mentionnant pas clairement les substances qu’ils contiennent.
  • Le Conseil de l'Ordre des Médecins est chargé de veiller à ce que ses membres n'utilisent pas leur titre pour promouvoir des pratiques dont la science n’a jamais pu prouver l’utilité, voire qui présentent une certaine dangerosité. Il doit veiller à ce que les médecins ne deviennent pas les représentants de commerce d'industries peu scrupuleuses. Il doit sanctionner ceux ayant perdu de vue l'éthique de leur exercice.


Pourtant en 2018, l'Ordre des Médecins tolère des pratiques en désaccord avec son propre code de déontologie et les pouvoirs publics organisent voire participent au financement de certaines de ces pratiques.

Face à des pratiques de plus en plus nombreuses et ésotériques, et à la défiance grandissante du public vis-à-vis de la médecine scientifique, nous nous devions de réagir avec force et vigueur.


L’homéopathie, comme les autres pratiques qualifiées de « médecines alternatives », n'est en rien scientifique. Ces pratiques sont basées sur des croyances promettant une guérison miraculeuse et sans risques. En septembre 2017, le Conseil scientifique des Académies des Sciences Européennes a publié un rapport confirmant l’absence de preuves de l’efficacité de l’homéopathie. Dans la plupart des pays développés, les médecins se voient interdire de prescrire des produits homéopathiques.

Les thérapies dites « alternatives » sont inefficaces au-delà de l’effet placebo, et n’en sont pas moins dangereuses.
  • Dangereuses, car elles soignent l’inutile en surmédicalisant la population et en donnant l’illusion que toute situation peut se régler avec un « traitement».
  • Dangereuses, car elles alimentent et s’appuient sur une défiance de fond vis-à-vis de la médecine conventionnelle comme le montrent les polémiques injustifiées sur les vaccins.
  • Dangereuses enfin, car leur usage retarde des diagnostics et des traitements nécessaires avec parfois des conséquences dramatiques, notamment dans la prise en charge de pathologies lourdes comme les cancers.
Ces pratiques sont également coûteuses pour les finances publiques.
  • Des formations sont assurées dans des structures recevant de l’argent public. Des consultations sont ouvertes dans des hôpitaux, aux dépens d’autres services. Certains de ces traitements sont pris en charge par l’assurance maladie largement déficitaire.
  • Ainsi, les produits homéopathiques peuvent être remboursés à 30 % (et jusqu'à 90 % en Alsace-Moselle) avec un statut dérogatoire les dispensant de prouver leur efficacité.
  • Ceci finance une industrie prospère dont les représentants n'hésitent pas à insulter gravement ceux qui les critiquent (« Il y a un Ku Klux Klan contre l’homéopathie » accusait le président du leader mondial du secteur, Christian Boiron, dans le journal Le Progrès du 15 juillet 2016) ou à balayer d’un revers de main les exigences de preuves scientifiques.
De ces pratiques qui ne sont ni scientifiques, ni éthiques, mais bien irrationnelles et dangereuses, nous souhaitons nous désolidariser totalement.

Nous demandons instamment au Conseil de l'Ordre des Médecins et aux pouvoirs publics de tout mettre en oeuvre pour :
  • Ne plus autoriser à faire état de leur titre les médecins ou professionnels de santé qui continuent à les promouvoir.
  • Ne plus reconnaître d’une quelconque manière les diplômes d'homéopathie, de mésothérapie ou d’acupuncture comme des diplômes ou qualifications médicales.
  • Ne plus faire produire en Faculté de Médecine ou dans les établissements de formation de santé, des diplômes appuyés sur des pratiques dont l’efficacité n’aura pas été scientifiquement démontrée.
  • Ne plus rembourser par les cotisations sociales les soins, médicaments ou traitements issus de disciplines refusant leur évaluation scientifique rigoureuse.
  • Encourager les démarches d'information sur la nature des thérapies alternatives, leurs effets délétères, et leur efficacité réelle.
  • Exiger de l’ensemble des soignants qu’ils respectent la déontologie de leur profession, en refusant de donner des traitements inutiles ou inefficaces, en proposant des soins en accord avec les recommandations des sociétés savantes et les données les plus récentes de la science, en faisant preuve de pédagogie et d’honnêteté envers leurs patients et en proposant une écoute bienveillante.