Communiqué de presse du 5 septembre 2018

Quand les arguments manquent, les homéopathes attaquent.

Réunis en association, les signataires de la tribune #NoFakemed ne sont pas impressionnés par les plaintes déposées, et continuent à encourager au débat, notamment au sein du monde universitaire. 


La ​tribune​ publiée dans​ Le Figaro en mars dernier par 124 professionnels de santé contre les “médecines” alternatives (1), et signée à ce jour par plus de 1500 professionnels de santé, a jeté un pavé dans la mare (2), générant un ​véritable débat public et politique autour du remboursement de l'homéopathie.

Au-delà des multiples retombées dans la presse générale ou spécialisée,​ les instances publiques ont (3,4) commencé à s’intéresser à la question des pratiques de soins “alternatives”​ : réponse de l’Académie de Médecine, saisine de la HAS par la ministre de la santé, etc.

Les signataires ont clarifié et explicité à maintes reprises leur position, essayant d’amener leurs confrères à un débat scientifique. Peine perdue.

Au contraire, ​la réaction des homéopathes a été celle de l’intimidation​.


Dans les deux mois qui ont suivi la publication de la tribune, ​dix plaintes ​pour manquement à la confraternité ont été déposées par différents syndicats d’homéopathes et d’acupuncteurs devant l’Ordre des médecins.

Le 26 juin,​ les principaux laboratoires d’homéopathie (Boiron, Weleda, Lehning) conviaient divers syndicats homéopathiques​, dont le Syndicat National des Médecins Homéopathes de France (SNMHF), à une réunion, pour organiser leur réponse (5).

Aujourd’hui arrivent dans les boîtes aux lettres des signataires​ les plaintes déposées par le président du SNMHF, Charles Bentz​, auprès des Conseils départementaux de chacun de ces médecins. Quarante-deux plaintes, pour manquement à la confraternité, ont été reçues à ce jour.

Ces ​méthodes indignes et non-confraternelles​, allant des menaces (retrait des plaintes en échange d’excuses, tirage au sort pour deux nouvelles plaintes tous les quinze jours) aux procédures ordinales, surveillés de près par l’industrie de l’homéopathie, sont loin de nous faire regretter notre prise de position, car elles musellent le débat scientifique nécessaire à notre profession en récusant la moindre remise en question de ces pratiques pseudo-scientifiques.

Elles n'entament en rien notre détermination et ne remettent pas en cause nos convictions.

L’accusation de “manquement à la confraternité” ne tient pas.

Si nous pointons du doigt ces pratiques - soins et traitements n’ayant pas fait la preuve de leur efficacité - ​nous ne mettons pas en cause nos confrères​, les soignants ou les patients adeptes de ces soins alternatifs. Nous les invitons plutôt à échanger, à prendre en considération les données actuelles de la science, et à entrer dans un débat constructif, pour une meilleure prise en charge.

Au-delà des retombées médiatiques, et des prises de position des autorités sanitaires concernant le déremboursement de l’homéopathie, ​nous constatons, avec regret, l’absence de participation au débat de la majorité des responsables universitaires sur les formations initiales proposées dans leurs murs.

Dans ces périodes où les signaux n'ont jamais été aussi alarmants quant à la désinformation scientifique, ​il nous semble crucial que les universités, dépositaires du savoir et de la rigueur scientifique, signalent et sanctionnent les enseignements qui travestissent la connaissance scientifique aux dépens des patients.

Nous saluons donc d’autant plus​ la courageuse décision du doyen de la faculté de médecine de Lille de suspendre l’enseignement de l’homéopathie​ dans son établissement dans l’attente de la décision de la HAS (6), et attendons de son appel au monde universitaire de se saisir de cette problématique.

C’est afin de continuer notre travail de recherche, d’information et de discussion que ​nous avons officialisé l’existence du collectif #FakeMed sous la forme d’une association loi 1901​, le 24 août 2018.

Les tentatives d’intimidation dont nous faisons l’objet pèsent peu par rapport aux enjeux de probité et de rigueur scientifique nécessaires à une prise en charge efficace et fiable de nos patients. Nous continuons et continuerons à inviter nos confrères et nos patients au débat scientifique, et nous faisons confiance au monde universitaire qui ne manquera pas de se saisir de cette controverse afin de ne pas laisser perdurer ces pratiques non-conformes aux données de la science.


Contact​ : Collectif FakeMed : ​contact@fakemed.org 

(1) 1http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/03/18/31003-20180318ARTFIG00183-l-appel-de-124-professionnels-de-la-sante-contre-les-med ecines-alternatives.php 
(2) ​http://www.fakemed.org 
(3) ​http://fakemedecine.blogspot.com/2017/03/presse-generale-et-specilaisee.html 
(4) ​http://fakemedecine.blogspot.com/2017/03/radio-et-tele.html  
(5) ​https://www.inhfparis.com/sites/default/files/webfm/file/newsletter/NL26.pdf 
(6) https://twitter.com/medecine_Ulille/status/1035618824203038720