FAKEDEX - Extraits Beljanski

Mirko Beljanski est un biologiste moléculaire français qui a travaillé, entre autres, sur l’ARN, avant d’être licencié de l’Institut Pasteur. Il déposera au cours de sa carrière 11 brevets, et commercialisera des produits censés lutter contre le cancer et le SIDA. Son épouse a été accusée d’exercice illégal de la pharmacie pour avoir vendu les produits de son mari, qui ne bénéficiaient pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Au cours de sa carrière, il a publié une centaine d’articles scientifiques.
Les produits inventés par Mirko Beljanski sont aujourd’hui commercialisés par une société étatsunienne, et sont présentés non comme des médicaments mais comme des compléments alimentaires et des produits cosmétiques. Cette même firme propose aussi des formations de professionnels de santé. La marque Beljanski est déposée depuis 1999.


Les produits phares inventés par Mirko Beljanski sont à base de Pao pereira, de Rauwolfia vomitoria, de Ginkgo biloba à feuilles dorées, mais aussi des « fragments d’ARN ». Ces différents produits sont proposés pour traiter les « pré-cancer », les cancers et les cancers avancés, mais aussi le SIDA.

Sur les sites promouvant cette technique de soins et ces produits, il est difficile de trouver des études publiées, laissant surtout une large place à des témoignages. La seule étude présentée a été publiée en 2010 (1) . Cette étude, concernant 32 patients qui ont reçu de l’ARN d’E. coli versus 31 patients recevant de l’ARN de levure, dont on mesurait régulièrement le nombre de plaquettes, est discutable, et discutée par les auteurs eux-mêmes concernant leur échantillon.

Il n’existe pas, à ce jour, de revue de la littérature démontrant une efficacité de Pao pereira ou de Rauwolfia vomitoria dans la prise en charge d’un quelconque type de cancer (2). Le Ginkgo biloba semblerait quant à lui avoir des effets antioxydants, et inhiber la formation de facteurs clastogéniques (endommageant les chromosomes) et le stress oxydatif induit par les UV, mais aussi plusieurs processus liés à la cancérogenèse (3) . Le Ginkgo biloba semble ne pas interagir avec les médicaments utilisés dans le traitement des cancers (4). Le Ginkgo biloba est cependant classé cancérogène possible pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (5) , en raison de son implication dans les cancers du sein et du colon (6) .

L’utilisation de fragments d’ARN pour lutter contre les cancers ne s’appuie sur aucune base scientifique solide, et il n’existe pas à ce jour de revue de la littérature démontrant l’efficacité de la consommation de compléments alimentaires contenant des fragments d’ARN, que ce soit d’E. coli ou tout autre type d’ARN.

i l’utilisation de Pao pereira et de Ginkgo biloba pourrait éventuellement apporter quelque chose dans le traitement de certains cancers (7) , il n’en est rien de leur consommation en tant que compléments alimentaires.

De manière générale, nous invitons à se méfier de tout produit se vantant d’être un remède miracle à l’ensemble des cancers. En effet, la variété des cancers et de leurs évolutions conduit à bien plus de prudence.

Collectif FakeMed





Références :

1- Levin RD et coll. « Dose escalation study of an antithrombocytopenic agent in patients with chemotherapy induced thrombocytopenia”, Cancer 2010 ; 10 : 565.
2- Dernières recherches effectuées le 12 novembre 2019.
3- De Feudi FV et coll. « Ginkgo biloba extracts and cancer : a research area in its infancy”, Fundam Clin Pharmacol 2003;17(4) : 405-417.
4-Haefela WE et Carls A « . Drug interaction with phytotherapeutics in oncology”, Expert Opin Drug Metab Toxicol 2014 ; 10(3):359-377.
5- Mei N et coll. “Review of Ginkgo biloba-induced toxicity, from experimental studies to human case reports”, J Environ Sci Health C environ Carcinog Ecotoxicol Rev 2017;35(1):1-28.
6-Biggs ML et coll « Ginkgo biloba and risk of cancer: secondary analysis of the Gingko Evaluation of Memory (GEM) sturdy”, Pharmacoepidemiol Drug Saf 2010;19:694-698.
7- Yu J et Chen Q « the plant extract of Pao Pereira potentiates carboplatin effect against ovarian cancer”, Pharm Biol 2014;>(2(1):36-43.