communiqué de presse du 10 juillet 2019 : L’homéopathie déremboursée, une victoire pour la science !



Mme Agnès Buzyn a annoncé le déremboursement des produits homéopathique. faisant suite à l’avis définitif de la HAS sur l’efficacité de l’homéopathie et dont le constat était sans appel : « Le service médical rendu est insuffisant » et « L’efficacité de l’homéopathie n’est pas démontrée » au terme d’un processus d’évaluation qui aura duré plusieurs mois et fait appel à de nombreux experts toutes orientations confondues.

C’est une victoire pour la science : il est désormais établi que les composés homéopathiques n’ont aucune efficacité démontrée, dans aucune des nombreuses indications pourtant décrites.
Le ministère des Solidarités et de la Santé par la voix de sa ministre Mme Agnès Buzyn, avait annoncé à plusieurs reprises, et à l’attention de la totalité des français, que la décision politique suivrait les conclusions de ce rapport de la HAS qu’elle a elle-même demandé.

Le but était non seulement clair mais aussi éthique : répondre à un principe fort de l’Assurance Maladie, en ne remboursant que les médicaments utiles et efficaces, et logiquement en cessant de rembourser ceux devenus obsolètes ou n’ayant pas fait la preuve de leur efficacité.

C’est désormais le cas aujourd’hui avec un déremboursement progressif : 15% au 1er janvier 2020 puis un déremboursement total au 1er janvier 2021.

Cependant, d’ici là, là 260 millions d'euros seront donc dépensés par la sécurité sociale pour des produits décrits inefficaces par la HAS . Les laboratoires en question ne pouvaient ignorer la faiblesse méthodologique et le régime d'exception dont ils bénéficiaient.

Il s’agit d'une largesse inédite de la part d'un gouvernement et d'un "cadeau" à l'une des plus grandes fortunes de France.

La vraie question serait celle de l'utilisation de ces 260 millions d'euros. N'avez vous aucune idée quand nos hôpitaux ferment ? Quand on manque d'effectif dans tous les services ? Quand les urgences sont exsangues ? Quand on nous explique qu'il n'y a plus d'argent "magique" ?

Malgré tout, nous nous félicitons d’avoir entamé le débat sur ce thème grâce à notre tribune parue en mars 2018 dans les pages du Figaro et d’avoir contribué à l’alimenter depuis lors en intervenant dans les médias, en proposant des éléments de réponse aux arguments avancés par les partisans de l’homéopathie et en défendant notre rapport sur l'homéopathie devant la Commission de Transparence avant sa réévaluation, et ce malgré les plaintes reçues par plus de 60 médecins de la tribune initiale, membres du collectif Fakemed et malgré les attaques récurrentes des partisans de l’homéopathie.

Nous remercions Mme Agnès Buzyn d’avoir été fidèle à ses engagements et d'avoir tenu sa promesse de suivre l’avis de la HAS dans sa décision en résistant aux pressions et au lobbying des laboratoires homéopathiques et des autres acteurs de la filière (SNMH, sociétés d’homéopathes, organisations professionnelles d’homéopathes, associations de patients traités par homéopathie). Nous lui sommes reconnaissants de ne pas avoir cédé aux arguments économiques fallacieux et au chantage à l’emploi orchestré par le leader de l’homéopathie en France.

Le déremboursement de l’homéopathie n’est qu’un début et, fidèles à nos engagements initiaux, nous demandons que le Conseil national de l’Ordre des médecins ainsi que les Doyens des facultés de médecine jouent leur rôle en supprimant toute qualification en une pratique de soin non conventionnelle et en faisant cesser toute formation universitaire dans ces disciplines. Nous demandons qu’ils assument leur responsabilité et participent à ce que la déontologie et l’éthique priment sur tout clientélisme et démagogie, ce pour le bien des patients et pour cesser enfin de donner une quelconque importance à ceux qui défient les scientifiques et les chercheurs par des principes aberrants, des études trompeuses, et un discours fallacieux.

Nous leur demandons de : 

  • Ne plus autoriser à faire état de leur titre les médecins ou professionnels de santé qui continuent à promouvoir des pseudo-médecines.
  • Ne plus reconnaître d’une quelconque manière les diplômes d'homéopathie, de mésothérapie ou d’acupuncture comme des diplômes ou qualifications médicales.
  • Ne plus faire produire dans les établissements de formation en santé, des diplômes appuyés sur des pratiques dont l’efficacité n’aura pas été scientifiquement démontrée.
  • Encourager les démarches d'information sur la nature des thérapies alternatives, leurs effets délétères, et leur efficacité réelle.
  • Exiger de l’ensemble des soignants qu’ils respectent la déontologie de leur profession, en refusant de donner des traitements illusoires ou inutiles, en proposant des soins en accord avec les recommandations des sociétés savantes et les données les plus récentes de la science, en faisant preuve de pédagogie et d’honnêteté envers leurs patients et en proposant une écoute bienveillante.

En outre, cette décision ne nous fait pas oublier les principes fondateurs de notre collectif :

  • la promotion de la médecine, des soins, et des thérapeutiques, fondées sur les preuves scientifiques,
  • le soutien et la défense de ceux qui assurent cette promotion,
  • l’information des professionnels et du public sur la médecine, des soins, et des thérapeutiques, fondées sur les preuves scientifiques.
  • la lutte active contre les pratiques de soins non scientifiques, déviantes, délétères, aliénantes ou sectaires



Le Collectif FakeMed